80 roses blanches

Publié le par Audy Lan

80 roses blanches

Tu aurais eu 80 ans aujourd'hui.

Tu m'avais raconté que pour tes 20 ans, ton père t'avait offert 20 roses blanches. Comme j'aurais aimé pouvoir t'en offrir 80 aujourd'hui. Comme je suis triste. Comme tu me manques.

Pas qu'à moi j'imagine. A ton mari. A tes filles...

Tu es partie il y a 6 ans et demi. Une éternité. Hier en fait.

6 ans, ce n'est rien, arriver à 80 ça aurait pu être possible. Tu es partie en sachant que j'allais emménager avec M, je crois même t'avoir montré des photos de l'appartement la dernière fois que je t'ai vu. Mais 6 ans... tu aurais vu tes petits fils réussir leurs examens, tu aurais célébré mon mariage, tu serais venue dans ma maison, tu aurais regardé les fleurs, tu aimais tant les fleurs... Et puis, tu aurais vu tes petits fils galérer puis obtenir un boulot, et surtout tu aurais eu 2 arrières petits enfants, un de chaque... Et j'aurais été fière, si fière de te donner ce bonheur, car je sais que tu aurais été comblée.

J'ai appelé mon grand comme toi (au masculin), c'est un prénom banal, mais j'y tiens. C'est pour te laisser avec nous... Je pense à toi chaque jour. On m'a reproché de vivre avec des fantômes. Mais je ne veux pas oublier, cette incroyable douceur et gentillesse, ce désintéressement qui n'existe que peu chez nos semblables.

S'il me reste un semblant d'humanité et d'altruisme c'est à toi que je le dois. Tout comme c'est à toi que je dois de ne pas me détester complètement, enfin, pas que, mais en grande partie.

J'ai une collègue qui dit "ma" devant mon prénom civil, comme tu le faisais...

Comme j'aimerais retrouver ton album photo, non seulement tu avais un nombre invraissemblable de clichés de moi petite, mais c'est là où il y a le plus de photos de toi...

Il y a tant de choses que les vivants ne disent jamais... Quelques temps après ta perte, j'ai fait un rêve: "il y avait une fête chez vous, une sorte de kermesse, je m'isolais avec toi et papy dans le salon. Il quittait la pièce, le téléhone sonnait, je décrochais et vos voisins me demandaient de lui parler, à lui

-il vient de partir mais je peux vous passer H

-Mais enfin, ce n'est pas possible, tu sais bien qu'elle n'est plus là

Et alors je me souvenais et on se regardait fixement, intensément, je voulais te dire ce que je n'ai pas eu le temps de dire mais les mots ne sortaient pas de ma bouche... Et puis plus rien" C'est à ce que je m'en souvienne, la seule fois où je me suis réveillée en larmes.

Aussi éprouvant que cela puisse être, n'hésites pas à me rendre visite dans mes rêves.

Puisque je ne peux rien te souhaiter, tes années étant figées à 73, je te rends ce petit hommage, à toi qui me disais tout, à toi qui croyais en la bonté, à toi qui étais d'une tendresse infinie et à toi qui savais aimer et pardonner.

Publié dans personnel, famille

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CDFA 08/03/2016 16:03

Je n'avais pas vu que tu avais partager cet article il y a quelques jours, je viens de le lire, c'est magnifiquement écrit, j'ai les larmes aux yeux, tu parles d'elle avec énormément d'amour ❤

Steph 26/08/2015 14:36

C’est vraiment émouvant… J’ai perdu ma grand-mère il y a quelques années. Elle était ma confidente, et je me sentais plus proche d’elle que de mes parents, mais bon, elles sont bien là où elles sont.

Audy Lan 26/08/2015 18:56

c'est plus dur pour ceux qui restent... :(