Des petites blessures

Publié le par Audy Lan

Cela allait faire 1 an que je ne t'avais pas vu...

Quand mes parents m'ont dit hier que tu mangeais avec eux, je me suis dit que je risquais de te croiser, quand j'ai vu ta voiture garée, mon coeur s'est figé.

L'année dernière, j'avais longuement hésité à accepter ton invitation, je savais bien que ça se passerait mal. Mais tu insistais et c'était tes 80 ans, ce n'est pas rien.

J'avais été claire, peut être pas avec toi car déjà on ne communiquait plus beaucoup mais tu aurais du le savoir: non, je ne lui parlerais pas à elle. Je suis responsable de cette partie, j'assume mon intransigeance, j'assume ne pas avoir dit bonjour à cette inconnue...

Le lendemain, moi et tes filles, nous avions reçu une petite lettre bien méchante. J'avais pardonné, malgrè des propos injustes et cruels. Malgrè que tu t'en ai pris à une de tes filles qui n'avait rien fait, l'une qui était très gravement malade et moi qui était enceinte, qui avait quelques contractions et que tu as énormément fait pleurer. On est quitte je pense.

Selon tes propos je suis irrespectueuse et mal élevée, c'est amusant quand on sait que j'ai été partiellement éduquée chez toi, par la femme la plus gentille et douce au monde...

Toujours selon toi je ne veux pas ton bonheur... Là c'est moins amusant et extrêment faux. Au contraire, depuis sa perte, je ne souhaite que ça, j'ai toujours dit que tu faisais ce que tu veux de ta vie mais que

1) tu n'as pas à nous imposer des gens que nous ne voulons pas rencontrer. Que toi tu fréquentes qui tu veux, ça ne me regarde même pas mais que tu m'obliges à accepter quelqu'un qui prend SA place, je n'étais pas prête, je l'ai d'autant moins été que ton insistance m'a braqué. Je voulais que tu me/nous laisse faire mon deuil (si je le fais un jour). J'aurais mieux réagi, mieux fait face si tu n'avais pas été aussi buté, aussi totalitaire...

2) comment aurais-je pu accepter une personne qui t'éloignait de nous (ce que tu as reconnu toi même quelques mois plus tard), depuis que tu étais avec elle, tu devenais froid, agressif et distant, tu as toujours eu du répondant, mais tu n'as jamais été mauvais. Je ne savais pas que les gens heureux deviennent sombres et s'éloignent des leurs. Si nous voulions te voir, c'était forcément avec elle. Et moi j'ai dit non, je ne suis pas une menteuse, j'ai du mal à être hypocrite.

Je voulais te l'expliquer il y a longtemps, mais on m'a conseillé de te laisser du temps, et de ne pas en rajouter, de toute façon tu ne comprendrais pas. J'ai laissé.

Aujourd'hui cela fait presque un an qu'on ne s'était pas vu. Aujourd'hui c'était la première fois que tu voyais ton arrière petite fille... Cette dernière phrase me brise le coeur.

Tu as de la chance d'avoir des arrières petits enfants, de la chance d'avoir une famille qui ne demande qu'à te voir. J'ai toujours dit que ma porte t'étais grande ouverte.

Tu as été content j'espère aujourd'hui. J'espère ne pas avoir de lettre assassine demain dans ma boîte, j'ai été polie, j'ai peu parlé mais j'étais là, j'ai souri et j'ai espéré que tu avais profité un peu des petits.

En espérant que la prochaine fois ne sera pas dans un an...

Publié dans blog maman, famille, personnel

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